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Aspects financiers de la loi

Radicaux
L'inventaire à Versailles : Deux points de vue mantais.
Le petit mantais - 11 fév 1906 : Inventaires des églises à Versailles.

" L'inventaire des biens ecclésiastiques dans l'église Saint Symphorien à Versailles a donné lieu à une manifestation des plus regrettables... La foule qui s'était massée autour de l'église dès le matin avait été refoulée par la troupe réunie à cet effet. Le préfet, Monsieur POIRSON qu'accompagnait le général Dupommier, M. Robert inspecteur des Domaines, M. Frize secrétaire général de la préfecture, se présente à la porte de l'église et y entre seul avec l'inspecteur. A peine a-t-il franchi le seuil que du haut de la tribune ou se trouve le buffet de l'orgue, une chaise lui est lancée sur la tête et lui fait une grave blessure au dessus de l'arcade sourcilière. On le conduit aussitôt dans une pharmacie ou il est pansé et pendant ce temps agents et soldats se précipitent malgré les projectiles de toutes sortes qui leur sont lancés et s'emparent des manifestants.
Si quelqu'un était loin de mériter un pareil traitement C'est bien l'honorable M.POIRSON. Il a été en cette occasion victime de son devoir car c'est pour éviter une collision qu'il s'est bravement présenté seul dans l'église comptant que son autorité serait respectée. On ne peut que blâmer de pareils agissements car ainsi que nous l'avons dit et comme nous le répétons, il n'y aurait pas de gouvernement possible si chacun s'arrogeait le droit de s'opposer à l'exécution de la loi. Il faut lui obéir, même si elle émane d'adversaires même si comme la loi de séparation elle blesse les sentiments les plus intimes et les plus respectables."
14 février 06 : Deux gestes.

2 origines, 2 hommes, 2 gestes... Cette fois les cléricaux en déclin choisirent pour opérer Versailles, la ville morte des monarques disparus et l'église Saint Symphorien fut l'objet de leur préférence. Rien d'extraordinaire, Montreuil étant le quartier breton de la ville royale... Entre 2 lampées d'eau de vie les hommes dansent au son du biniou et les femmes s'interpellent sur le seuil des portes en une langue gutturale, rauque...
Donc Saint Symphorien a les honneurs du siège : gardiens, dragons, troupiers, tringlots sont massés devant l'église , alors que dans l'intérieur des centaines de femmes, d'encapucinés, s'entassent et prient...
Le préfet et le général discutent. Il suffit d'un signe de M. Poirson pour lancer toute la troupe, toute la police et la cléricaille sera écrasée, piétinée. M. Poirson ne le veut point. Il demande le curé, calme, souriant il avance. Le doyen et les fabriciens le reçoivent... Le geste était digne d'un républicain, un mot lui répondit, le mot de Cambronne à Waterloo... et aussitôt, l'autre geste commença. Juchés sur les orgues, sur les autels, des marquis authentiques, attendent de pied ferme. Contre le préfet debout, ces braves dissimulés parmi les cierges et les toiles d'araignée lancent du poivre, des chaises des chandeliers d'argent des croix de bronze. A leur tête se distingue M. le Comte Bernard de Vezin, ancien officier d'artillerie, très à l'aise, comme à la parade, il vise et porte à coup sur. M. Poirson atteint d'un projectile au sommet du crâne tombe ensanglanté...
2 origines, 2 hommes, 2 gestes : Lequel fut le plus vaillant, le plus noble de ce préfet issu du peuple qui s'en va au milieu de ses adversaires porter des paroles de paix, ou ce gentilhomme, fils et petit-fils, arrière petit-fils de preux qui essaye de brûler les yeux d'un ennemi désarmé et tente de l'assassiner ...?
En vérité, en vérité, je vous le dis, le peuple monte, mais l'aristocratie descend... J.J.
Avant et après la confrontation (deux photos prises en 1906 lors des inventaires en Auvergne)