LES ANGLAIS ET LES FRANCAIS DEUX VISIONS OPPOSEES DE L'ADMINISTRATION DES COLONIES ?
Le self-governement de l'empire britannique
Il y a deux choses dans l'Empire britannique de self government qui sont uniques dans l'histoire des grands ensembles politiques. La première est le règne de la Loi : partout où les décrets royaux sont reçus, ils sont les symboles et les messages non d'une autorité arbitraire, mais de droits partagés par tous les citoyens et que les tribunaux du pays peuvent soutenir et rendre réels. La seconde est la combinaison d'une autonomie locale - absolue, sans entrave, complète - avec la loyauté envers une tête commune, la coopération spontanée et libre pour la défense des intérêts et des buts communs, et, je peux ajouter, une administration commune, que ce soit en Inde ou dans les colonies de la Couronne [...]
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Lord Asquith, Discours à la première réunion de la Conférence impériale de Londres, 1911
L'assimilation dans les colonies françaises

       La France est presque la seule nation qui se soit approchée de la solution du problème de l'administration des races étrangères, elle ne les détruit pas comme ont trop souvent fait les autres peuples ; elle sait mieux que personne se les assimiler. Elle seule, jusqu'à présent, a osé concevoir la métropole et les colonies comme formant une seule patrie et un seul Etat. Français de France et Français d'Afrique, des Antilles, de l'Océan Indien, de l'Indochine et, aussi bien ceux des Hindous, Sénégalais, Océaniens, Kabyles ou Arabes qui ont été élevés à la cité française, tous, sous les lois délibérées en commun, ont les mêmes devoirs et les mêmes lois.

Alfred Rambaud, La France coloniale, 1893

Comparaison entre le système anglais et le système français, jugé par un journaliste français

      Il m'a été donné de voir beaucoup d'administrateurs […] je crois qu'à cet égard le Français, souple et assimilable, est mieux doué que l'Anglais. Il pénètre plus profondément au sein des populations indigènes, les connaît mieux, intervient davantage dans leur vie sociale. Nos voisins d'outre-Manche eux mêmes se plaisent à le reconnaître […] Très justement M. le Dr Blyden pouvait dire en 1901 à la chambre de commerce de Liverpool : " il me semble que les méthodes françaises s'harmonisent mieux avec les sentiments indigènes que les procédés plus rudes, plus positifs des anglo-saxons. Tout ce qu'elle trouve pari les indigènes d'original, de spécial à la race, de pittoresque, l'administration française le laisse subsister ". […] le fonctionnaire des colonies britanniques s'abstrait de la vie noire qui ne l'intéresse pas. Il surveille de haut, de loin, mais descend rarement parmi la foule. Traditionaliste et peu curieux, il s'en tient à son thé son golf, à son polo. Au contraire, notre administrateur d'Afrique occidentale côtoie de très près l'existence indigène et s'y mêle quelquefois. Il est accueillant pour ses administrés, préside leurs tam-tam, boit du dolo (bière de mil) mange même à l'occasion, de la cuisine locale. Le danger de cette méthode c'est la "bougnoulisation", c'est à dire l'assimilation au Noir, la régression vers une humanité inférieure.

Louis Sognolet, Le Tour du Monde, 1902