REGARDS BLANCS SUR L'AFRIQUE : L'INDIGENE EXOTIQUE, LE SOLDAT COLONIAL ET L'IMMIGRE
Du spectacle exotique
... au zoo humain
Les guerrières de la cour de roi du Dahomey Béhanzin,
que la presse qualifia "d'amazones", frappèrent l'opinion publique dans les années 1890, au moment où la France entreprenait la conquête de cette région d'Afrique.
Cette photo photo de femmes hottentotes (Afrique australe) fait partie d'une série prise par l'anthropologue Roland Bonaparte à l'occasion de l'exposition universelle de 1889. Remarquez le décor et la mise en scène inspirée par la statuaire et la peinture classique
LA FORCE NOIRE
Il ne semble pas que l'on méconnaisse chez nos voisins [Anglais]l'importance de la question de l'armée noire. On fait un fait mérite au gouverneur d'avoir secondé les idées du colonel Mangin. Quand les français les plus hostiles à l'expansion coloniale verront quelle réserve d'hommes l'Afrique occidentale française peut fournir ils ne discuterons plus l'utilité des colonies pour la France. C'est en effet le seul remède qui pare à la crise de la dépopulation et au déficit des contingents militaires. Au cours d'une récente tournée en Afrique, le colonel Mangin s'est assuré que nous pouvions lever tout de suite dans nos possessions une force de 44000 hommes. N'est-ce pas la meilleure preuve du succès de notre politique indigène et de la prospérité de nos protégés ?

La quinzaine coloniale, 25 mai 1911, page 325.
Soldats coloniaux pendant la première guerre mondiale
Une image familière
L'uniforme du poilu dont sont revêtus ces soldats coloniaux n'a pas fait disparaître le regard "anthropologique" le photographe s'attache surtout à souligner la diversité ethnique des "soldats indigènes" Cette marque de cacao en poudre a récupéré l'image populaire du tirailleur sénégalais, avatar du "bon sauvage"
LA PREMIERE IMMIGRATION
Un mouvement intéressant se produit parmi les indigènes algériens depuis quelques années. Ils viennent chercher du travail en France. L'émigration paraît avoir commencé par Marseille. Les ouvriers des huileries et des raffineries de cette ville s'étant mis en grève, les industriels eurent l'idée de demander à Alger si on ne pourrait pas s'y procurer de la main-d'œuvre. Il leur vint ainsi quelques centaines d'ouvriers indigènes. Une seconde émigration fut due à la catastrophe de Courrières. La mine, subitement privée du concours de 1600 ouvriers tués par un coup de grisou, fit venir à son tour quelques centaines de Kabyles pour combler en partie ce vide. Aujourd'hui un courant régulier paraît s'établir entre les colonies et la métropole et s'accélérer par suite de deux circonstances. D'un côté, les indigènes sont attirés par l'élévation des salaires ; ils ne gagnent guère que 2 francs, au plus 2 fr. 50 en Algérie, tandis qu'en France on leur offre le double ; et la suppression du permis de voyage qui leur était imposé autrefois (…) D'un autre côté il y a en France une véritable crise de main d'œuvre ; nos grandes industries ne savent pas où se procurer des ouvriers et, à l'imitation es raffineurs de Marseille et de la mine de Courrières, elle songe à utiliser les Kabyles. (…) [D'après le journal officiel] la présence de 3000 ouvriers indigènes algériens a été constaté en France, dont 400 dans les mines du Pas de calais, 800 dans les huileries et raffineries de Marseille, et 250 dans les raffineries de la Seine. Mais d'après ce que l'on sait de l'immigration annuelle des Kabyles en France, ces chiffres sont fort au dessous de la réalité . Il faudrait probablement aller jusqu'à 6000 pour avoir le total vrai.

La quinzaine coloniale, 25 août 1913, page 567.
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