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LE
JOUR DU VOTE EST ARRIVE (2) du vote public à l'isoloir
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- Un bureau de vote en 1891, tableau d'Alfred Bramtot, musée de
la mairie des Lilas
Parcourez le tableau avec la souris, des explications s'afficheront. Ces explications sont tirées du code électoral et des lois organiques de 1852, 1875 et 1884, qui règlementent le droit de vote et assurent le secret et la sincérité du vote. |
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proposition
d'analyse
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Alfred Bramtot est un peintre de l'école réaliste, spécialisé
dans les portraits de personnalités et les sujets mythologiques.
C'est un ami de William Bouguereau, le plus connu des peintres "pompiers". L'attitude des personnages dépourvue de grandiloquence souligne la banalité et la simplicité d'un dimanche où les citoyens viennent accomplir leur devoir électoral. En 1891, on est loin des cortèges villageois se rendant musique en tête voter au chef lieu de canton (voir page précédente). Le suffrage universel est acquis. Les pratiques démocratiques sont connues de tous. Pourtant, derrière cette apparence de réalisme, on peut deviner un message plus symbolique. Le codage vestimentaire des électeurs présents dans le bureau de vote donne à voir une image de la société française réunie autour de l'acte électoral, un paysan, un employé, un ouvrier, un commerçant et quelques bourgeois. La scène est éclairée par une large baie derrière laquelle on devine un paysage urbain. Un rideau de toile légèrement tiré tamise la lumière. Ce "dispositif scénographique" attire le regard sur l'acte électoral lui même, le moment où l'homme du peuple remet son bulletin au président du bureau. Ce procédé pictural évoque discrètement celui imaginé par David pour le serment du jeu de paume. Réminicence ou coincidence ? C'est à cette époque que le peintre Luc-Olivier Merson, contemporain de Bramtot, "achève" l'oeuvre de David. |
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2
- DES MESURES A PRENDRE POUR ASSURER LE SECRET ET LA SINCERITE DU VOTE
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| Proposition
de loi de MM. Folliet et Laporte novembre 1885, pour introduire le vote
sous en enveloppe. " Dans toute élection, chaque électeur devra renfermer son bulletin de vote dans une enveloppe opaque et uniforme, mise à sa disposition par les soins de la municipalité, et ce sous peine de nullité du suffrage exprimé. Les corbeilles contenant les enveloppes sont disposées dans l'angle de la salle de scrutin la plus rapprochée de la porte d'entrée, les alentours doivent être conservés rigoureusement libres et accessibles à un seul électeur à la fois. L'électeur entre dans la salle avec son bulletin tout préparé, prend une enveloppe, introduit dans cette enveloppe son bulletin de vote et se dirige immédiatement vers le bureau. " |
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| Cette proposition, comme bien d'autres, est rejetée. On invoquera les difficultés d'organisation et le coût élévé qui serait à la charge des communes. L'isoloir ne sera adopté qu'en 1913 après des décennies de débats et de propositions de lois repoussées. | |
| Loi
du 29 juillet 1913 sur le secret et la liberté du vote ainsi que
la sincérité des opérations électorales (extraits)
Article 3 . Dans toutes les élections, le vote a lieu sous enveloppes. Ces enveloppes sont fournies par l'administration préfectorale. Elles sont opaques, non gommées, frappées du timbre à date des préfectures ou des sous- préfectures, et de type uniforme pour chaque collège électoral. Elles seront envoyées dans chaque mairie, cinq jours au moins avant l'élection, en nombre égal à celui des électeurs inscrits. Article 4 . A son entrée dans la salle du scrutin, l'électeur, après avoir fait constaté son identité suivant les règles et usages établis, ou après avoir fait la preuve de son droit de voter par la production de la décision ou de l'arrêté mentionné à l'article 213 de la loi municipale du 5 avril 1884, prend lui-même une enveloppe. Sans quitter la salle du scrutin, il doit se rendre isolément dans la partie de la salle aménagée pour le soustraire aux regards pendant qu'il met son bulletin dans l'enveloppe ; il fait ensuite constater au président qu'il n'est porteur que d'une seule enveloppe : le président le constate sans toucher l'enveloppe que l'électeur introduit lui-même dans l'urne. Dans chaque section de vote, il y aura un isoloir par trois cent électeurs inscrits ou par fraction. Les isoloirs ne devront pas être placés de façon à dissimuler au public les opérations électorales. |
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| 3 - L'isoloir une pratique discutée | |
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L'isoloir est testé pour la première fois en 1913, à l'occasion d'élections partielles. La France généralise cette pratique pour les élections législatives de 1914. La Grande-Bretagne, la Belgique et l'Allemagne avaient aussi adopté l'isoloir dans pour les opérations électorales.
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Relevez les indicices qui montrent que l'auteur de cette gravure n'est pas favorable à l'introduction de l'isoloir. Comparez les trois images de cette page avec les documents de la page précédente sur les opérations de vote en 1848. Quelle évolution peut-on constater ? |