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L’histoire par la bande dessinée : les aventures de Corto Maltese

jeudi 13 juillet 2006, par Didier Masfrand

Né en 1967, le personnage de Corto, beau et ténébreux marin, voyageur au grand coeur, a tout pour plaire et faire rêver. Il intéresse l’historien par ses aventures qui le mènent de la fin du 19ème siècle au milieu du 20ème. Ses exploits rencontrent l’Histoire. C’est ainsi que dans La jeunesse de Corto, il se liera d’amitié avec J. London, correspondant de guerre en Mandchourie pendant le conflit Russo-japonais de 1904-1905.

Dans La ballade de la mer salée, nous découvrons un théâtre éloigné de la première guerre mondiale, avec la partie de cache-cache que se livrent flottes allemande et anglaise à proximité de l’archipel Bismarck. Avec Toujours un peu plus loin, c’est dans les Caraïbes ou il navigue entre trafics et culte vaudou, à la recherche du lieutenant Stuart, déserteur du 3ème "artists rifle", que Corto prendra connaissance des conditions terribles de la guerre de tranchées, qui se déroule en Europe.

De plus en plus impliqué dans les affaires européennes, Corto Maltese laisse Lawrence d’Arabie au Proche-Orient et dans Les Ethiopiques, passe du Yémen tenu par les turcs, à la Somalie anglaise, pour arriver en Afrique orientale allemande. Son périple le conduit entre 1917 -18, de Venise en Irlande, ou dans Les celtiques, envoûté par les brumes de la verte Erin, il tombe amoureux et fait le coup de main contre les anglais, avec les nationalistes du SinnFein.

1919 voit Corto Maltese en Sibérie, plongé dans le formidable chaos d’une Asie emportée dans le drame de la guerre civile russe. Il y rencontre les déserteurs de la légion tchécoslovaque et surtout l’énigmatique personnage du baron Ungern. C’est encore dans cette Asie centrale disputée par les seigneurs de la guerre, ou l’Islam dame le pion à une l’armée rouge toute neuve, que nous conduit la maison dorée de Samarkand. On y croisera des soldats italiens occupant les îles du dodécanèse, des français en Syrie, ainsi que des conjurés turcs soutenant Mustapha Kémal, qui n’est pas encore Ata Turc.

D’autres évocations, dans Sous le signe du capricorne, Tango et Fable à Venise. Alors que dans Mû, c’est tout le délire imaginaire de H. Pratt qui s’empare de nous, en voyageant des temples Mayas à l’Atlantide engloutie.

Pratt est né en 1927, mort en 1995. Il nous laisse ses planches, qui méritent un détour en attendant que leur héron ne devienne un personnage de cinéma. Corto Maltese s’adresse à tous les publics, jeunes et moins jeunes ( avec une préférence pour les élèves de première ). Si vous en avez la possibilité choisissez les albums reliés en dur. Ils possèdent des pages colorées et une très riche documentation annexe, avec des cartes, des photographies d’époque, des représentations d’uniformes, des décorations...
Les albums d’Hugo Pratt sont édités chez Castermann.

Allez, bonne lecture à tous...

Didier Masfrand