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Baladodiffusion en histoire-géographie : quels usages ?

mercredi 19 mai 2010, par Geoffrey Gekiere

Le C.R.D.P. de l’Académie de Versailles prête aux enseignants qui en font la demande, une mallette dite de « baladodiffusion », contenant 15 baladeurs numériques.

Si la baladodiffusion est largement utilisée en langues vivantes, tant pour les exercices de compréhension que d’expression orale, ses usages sont moins développés en histoire-géographie. Il s’agissait donc, à travers cette expérimentation, de défricher, de discerner les usages possibles et pertinents dans notre discipline.

L’objectif essentiel était d’utiliser l’outil pour faire travailler les élèves en autonomie et leur apporter une aide individualisée. En conclusion d’une leçon sur la mondialisation (classe de troisième), une ressource numérique portant sur la frontière américano-mexicaine à El Paso (vidéo, extraits sonores) est montée en fonction des objectifs didactiques définis par le professeur (suppression des passages jugés hors-sujet, chapitrage en fonction des exercices à réaliser sur la fiche de travail, sous-titrages définissant les termes de vocabulaire). Cette ressource est mise à disposition des élèves sur les baladeurs et les ordinateurs de la classe nomade, et sert à remplir une fiche d’exercice. Après une brève introduction du sujet, les élèves, munis chacun d’une paire d’écouteurs, travaillent à leur rythme et sont aidés individuellement par l’enseignant (voir schéma du déroulement de la séance, ci-dessous).

Déroulement de la séance (première version)

Cette méthode de travail apporte de réels avantages : possibilité donnée au professeur d’aider les élèves individuellement, en fonction de leurs questions ; atmosphère générale propice au travail. Elle ne va cependant pas sans poser quelques questions, notamment sur la place de l’enseignant et de sa parole dans le déroulement de la séance. La mise en route trop rapide en début d’heure aboutit à une perte de la conscience des objectifs de l’activité. L’éclatement spatial et thématique de la parole du professeur crée une réelle difficulté à saisir l’essentiel des notions abordées.

Une autre mise en œuvre de cette même leçon a donc été réalisée l’année suivante, avec le même matériel. L’étude de cas sur la frontière américano-mexicaine ne venait plus en conclusion d’une leçon sur la mondialisation, mais servait de fil conducteur à l’ensemble du chapitre. Une problématisation, précédée d’une définition du concept de « mondialisation », émergeait de l’analyse d’un paysage de cette frontière (dans quelle mesure cette frontière est-elle représentative du phénomène de mondialisation ? les inégalités sociales et spatiales observées sont-elle la résultante du processus de mondialisation, ou se résorbent-elles grâce à celui-ci ? etc.). Il s’agit donc de faire se succéder des épisodes de travail en autonomie sur le modèle de ce qui avait été expérimenté l’année précédente, et des moments de mise en commun, de cours dialogués, ou d’interventions magistrales (voir schéma ci-dessous).

Déroulement de la séance (seconde version)

L’intervention magistrale de l’enseignant s’avère primordiale pour les moments-clés du cours (problématisation, synthèse), ou pour la clarification de notions complexes que la ressource numérique ne laissait qu’entrapercevoir (interdépendance des territoires mondialisés, forte polarisation des territoires urbains en fonction de leurs rôles dans la mondialisation). Par ailleurs, ce nouveau rythme permet d’introduire d’autres documents, venant confirmer ou nuancer le contenu de la ressource numérique (documents cartographiques pour l’essentiel).

Cette expérimentation montre le passage d’un usage « forcené » et « systématique », d’une volonté de « rentabiliser » l’outil (sans doute à cause de la masse de travail nécessaire à la mise en œuvre de celui-ci) à un usage plus raisonné et plus ponctuel, laissant une plus grande place à la parole de l’enseignant, à la mise en commun avec la classe. Il fallait garder ce que l’outil avait permis : l’aide individualisée dans un contexte de classe extrêmement serein. Mais cette aide individualisée n’a finalement de sens que si la problématique, les objectifs de la séquence sont clairement connus de tous. Il n’y a donc plus de "séance TICE" à proprement parler, mais des "moments TICE" à l’intérieur d’une séance.

Documents et ressources utilisés pour la préparation ou le déroulement de la séance :
- Veyret Y., Arnould P. Atlas des développements durables, Paris, Autrement, 2008.
- Anne Vigna, À Tijuana, la mauvaise fortune des maquiladoras, Monde-Diplomatique, novembre 2009.
- L. Carroué, Les territoires de la mondialisation.
- L. Carroué, La Mondialisation en débat, La Documentation française, dossier n° 8037 de la Documentation Photographique, Paris, 2008.